Voyage en terre australe

Dernier mois en Australie ?

Nous arrivons à la mi-décembre. C'est mon dernier mois en Australie car je serai le 16 Janvier à Bangkok. Parlant de Bangkok, je suis en train de penser aussi à mon retour en France. Mais par étapes. Janvier sera pour la Thaïlande avec peut-être un circuit Laos-Cambodge en cours de route. Février passera aux Philippines, et je quitterai Manille vers mars pour une dernière escale. Soit au Sri Lanka, soit à Madagascar (un ami à moi, presque un frère habite à Antananarivo). De Colombo ou de Tana, je pourrai prendre un vol vers Paris vers mars-début avril. Mais tout ça, c'est dans l'hypothèse où j'ai assez d'argent...

Donc il me faut un job avant de penser aux exotismes asiatiques et/ou africains. Mais j'en ai plein ma besace, pour ne pas dire autre chose, de quémander des dollars dans les restaurants, à faire la plonge face à un mur et des robinets, de travailler à Sydney. J'ai vraiment envie de changer d'univers, d'autant que je ne mets pas d'argent de côté à Sydney alors ce n'est plus la peine de persister. Sydney n'est définitivement pas une bonne place pour travailler. Le "marché" est trop saturé, les conditions sont exécrables et les temps partiels beaucoup trop répandus. Du coup, même avec un salaire horaire correct (17$-20$ voir plus le weekend), on ne fait pas assez d'heures, on se défraie juste des dépenses de la semaine et il est impossible de mettre de côté.

Je vais essayer de faire mon dernier mois dans une ferme, une saison de cueillette. Ou plutôt, le fameux fruitpicking. J'ai appelé des gens à Brisbane, leurs équipes étaient déjà pleines. J'ai envoyé un sms à un fermier pour faire du picking de tomates dans le Victoria au nord de Melbourne, non loin de Shepparton. Mais le job ne commence que le 28 décembre. Dans le même temps, une entreprise répond à une candidature que j'ai envoyée par e-mail, elle m'envoie un formulaire de candidature à remplir avec renseignements personnels, expérience éventuelle, tax file number, etc. Ce contact là, c'est pour cueillir les cerises en Tasmanie mais à partir du 28 décembre aussi. Ce serait vraiment le bon plan si j'étais pris, même si je n'y travaillerai que deux semaines.

Je m'explique : Le Fruitpicking, kézaco ?

En Australie, énormément de jeunes travaillent à la cueillette des fruits et légumes. C'est facile à trouver et il n'y a pas besoin de beaucoup de compétences, ni même d'avoir un bon anglais. Mais ce n'est pas un boulot facile, c'est souvent très physique. On est accroupis ou agenouillé, on porte des sacs super lourds, on travaille en plein soleil et en plein milieu de l'habitat d'animaux pas très sympathiques (serpents, araignées comme la Red Back, veuve noire australienne...). Il y a deux types de rémunération : à l'heure, et au rendement.

A l'heure, souvent entre 16$/h et 19$/h, le ramassage se fait sur la qualité. Le fermier aura moins de quantité, car ses employés ne cherchent pas à aller au plus vite pour gagner plus d'argent. Mais justement, les employés ont un patron derrière eux qui peut leur demander d'aller plus vite, ou bien de travailler autrement, raccourcir les pauses, licencier son personnel pour un rien, etc.

Au rendement, le cueilleur se fait son salaire, c'est la guerre : plus il va vite, plus il gagne de l'argent. Chacun, ou chaque paire travaillant en binôme possède sa bin. Une bin est une caisse contenant les fruits ou les légumes ramassés. Et c'est à la bin que le salaire est décidé. Après 10h de travail dans le champ, les salaires sont donc très différents d'un employé à l'autre, peuvent aller de 50$ la journée si on est très lent à plus de 300$ pour les plus expérimentés qui vont vite. L'avantage de la paye au rendement est que l'on travaille à son rythme, pas de patron sur le dos ou presque : on peut s'arrêter quand on veut pour prendre des pauses et le temps de travail n'est pas réglementé, certains acharnés travaillent de l'aurore jusqu'au crépuscule.

Je ne m'étale pas trop car je ne voudrais pas parler de ce que je connais pas, je n'ai encore jamais fait de travail à la ferme. Mais c'est ce que j'envisage pour décembre-janvier. Je vais m'inscrire pour faire la cueillette des cerises en Tasmanie, à compter de fin décembre. Il paraît que c'est moins dur car les cerises sont un fruit léger et petit. On peut en ramasser à profusion donc être payé beaucoup. J'ai déjà entendu plusieurs témoignages comme quoi le cherrypicking, cueillette des cerises pouvait rapporter jusqu'à 1000$/semaine pour un expérimenté. Je ne ferai pas ce taux, car je suis débutant. Mais le patron qui m'a répondu m'a indiqué qu'il paye $7 par caisse de 8 kilos de cerises, précisant qu'un inexpérimenté ramasserait jusqu'à 25 caisses par journée, soit au moins $175 bruts quotidiens en travaillant du lundi au samedi. C'est alléchant, même si cela implique des semaines de plus de 50h dans les champs ! Ca promet d'être Hard mais j'ai peut-être moyen d'empocher 1500 ou 2000$ en 2 semaines de travail. A suivre d'ici-là !

C'est ton destain ! Sydney, Hobart, Paris ou Sarcelles! C'est le mêmeu destaing !

Dans mon voyage, j'ai eu plusieurs phases plus ou moins violentes : premier mois, j'avais fait fondre mon maigre pécule français en euros au soleil de la Western Australia sans trouver de jobs nulle part. Du coup, à la 4ème semaine, j'envisageais de rentrer en France fauché de chez fauché. C'est à la 6ème semaine, après 7 jours de wwoofing en sursis (où l'on ne dépense rien), que je trouvais un job à Katherine et qui sauvait mon séjour en Australie.

Fin juin, je ne trouvais plus de nouveau job après ma mission de 15 jours pour la R.A.A.F, et à force de vivre 3 semaines sur mes deux salaires de plonge, mon solde bancaire plongeait vers le rouge et j'envisageais de quitter Katherine. A 3-4 jours avant de prendre ma décision de partir, je trouvais mon job au All Seasons où je suis finalement resté 3 mois et qui m'a plutôt bien blindé.

J'ai chopé mes autres boulots à Sydney, dès le début du mois de novembre. Tout allait bien, je travaillais à Maroubra pour une patronne insupportable mais qui payait plus que bien, sauf lorsque je me suis fait virer au bout de deux semaines, officiellement "fin de besoin". Salarié jetable, pas bon, poubelle ! Je trouvais du boulot par la suite, l'Australie n'est pas la France...mais je ne me faisais pas assez d'argent en prévision de s'envoler dans 5 semaines pour la Thaïlande, les Philippines, puis la France. Ce mercredi 12 décembre, (le 12/12/12, dernière fois du siècle, et de ma petite vie que le calendrier prend un compte rond!), le Head Chef m'appelle pour bosser et demain aussi. Du coup, je m'en vais à Lindfield en banlieue Nord de Sydney pour laver des dizaines et des dizaines de plats et d'assiettes. J'en ai plein le c** d'astiquer ces plats en inox et d'envoyer ces bacs à vaisselle au lave-vaisselle les mains dans l'eau saturée de graisse et de restes non-consommés par les clients. Vraiment plein le c****ubitus !

Tellement énervé par la colère de ne travailler que 2 jours par semaine comme bouche-trou par-ci par-là, je décide que ce sont mes deux derniers jours. Lundi 17 décembre, c'est décidé, je prends l'avion pour la Tasmanie et travailler dans une ferme. Et voilà que ce même patron me propose soudainement plus d'heures. Et voilà aussi qu'en rentrant dans mon auberge, je vois sur internet qu'on me propose de faire un essai vendredi matin aux aurores, dans un restaurant du CBD (hyper-centre de Sydney) pour le service petit-déjeuner. C'est un restaurant chic de Sydney avec vue sur sa Grande Baie qui cherchait un Kitchen-hand sur Gumtree.com, un poste à temps plein. Mon coeur balance...Tasmanie, des paysages grandioses et faire du fruitpicking (je suis débutant, je ne vais gagner que 300$ ou 400$/semaine) dans les champs, la nature et sans patron aux fesses...ou bien rester à Sydney pour ces dernières semaines à courber l'échine dans des ambiances déchaînées de cuisines bondées sous les vociférations patronnales, à la période chargée de Noël et du la Nouvelle Année, mais plus de chances de se faire plus de sous qu'aux récoltes de fruits et légumes.

Morale de l'histoire, c'est toujours en organisant les départs que des imprévus et des aléas viennent nous inciter à rester coller au nid où nous picorons, nous inciter à ne pas voler pour d'autres forêts. Les aléas de la vie rendent les avis aléatoires. Rester ou s'en aller, mon avis sur la question penche sa tête vers la réponse mais l'antithèse et ses incertitudes décoiffent le résultat vers l'équation initiale. En gros, j'hésite quoi !

Samedi 15/Dimanche 16 décembre : J'ai fait 3 services cette semaine, un record.. Juste de quoi payer le logement, la nourriture et les déplacements pour la semaine. Une petite photo pour la route de la rue où je bosse, vue en sortant de la station. D'ailleurs, c'est fou, le métro de Sydney, on dirait un TER, c'est carrément des trains, ça change des wagons pourris avec 3 sièges pour s'entasser.

Ce dimanche 16 décembre, je reçois un sms du fermier de Tasmanie que j'avais sollicité une semaine plus tôt pour faire la récolte des cerises. Il me demande si je suis toujours intéressé, ce à quoi je réponds que oui. Du coup, je vais sans doute prendre un avion de Sydney pour Hobart après Noël. La ferme se situe à Plenty, dans l'arrière pays d'Hobart. Mon choix est fait, finie la plonge. Je vais travailler en plein air, à mon rythme tout en essayant d'être rapide. C'est un risque à prendre aussi car vu que je n'ai jamais travaillé en fruitpicking, je risque d'avoir un maigre salaire au début. Le patron précise que c'est rémunéré $7 par panier de 8 kg. Mais il me dit que la moyenne d'un travailleur inexpérimenté est de 25 paniers par jour, 200 km de cerises, et donc $175/journée. J'ai comme un doute, je ne sais pas si je peux picker 20kg de cerises à l'heure, j'attends de voir mon rendement.

Lundi 17-Mardi 18 décembre : J'ai pas mal hésité, et puis je me suis lancé : j'ai acheté mon billet pour la Tasmanie. C'est assez cher en période de Noël, mais le picking commence le 27 décembre alors je n'avais pas le choix. J'arrive le 25 décembre à 19h à Hobart. Et puis travailler à mon rythme, sans patron derrière...le rêve, après les expériences aux cadences excessives de Sydney. Je n'en peux plus de ces boulots de grouillot en cuisine. Je n'en peux plus de Sydney. Ce voyage en Tasmanie est donc salutaire, car Sydney était en train de transformer la fin de l'Australie en mauvais souvenir.

Passer Noël en Tasmanie, c'est pas dégeulasse ! Moi qui pensais avoir Sydney comme dernière étape en Australie, voilà que je continue ma "route" vers le sud. Plus au sud de l'hémisphère, plus rien, que l'océan et l'Antarctique. Je vais donc finir en beauté puisque la Tasmanie est ressemblante à la Nouvelle-Zélande : je vais pouvoir me faire des randonnées, voir des paysages naturels, une faune et flore très riche, le calme de la nature après les moteurs de Sydney. Vivement !


Publié à 04:20, le 19/12/2012, Sydney
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