Voyage en terre australe

Sydney.

Je débarque dans cette immense ville la gueule en vrac au petit matin. "Bon et maintenant, on va où ?"

Il fait bien frais dans ce pays! Premier réflexe, choper un plan de la ville. J'ai réservé par téléphone une auberge mais en fait, elle paraît super loin de là où je me trouve. Un oeil sur les rues, l'autre sur le plan que je tiens déplié dans la rue, comme un mauvais archéologue qui aurait du mal à trouver les trois pyramides d'Egypte juste en face de lui, je trace tout droit vers le CBD. Le CBD, centre d'affaires où plongent vers les cieux d'immenses grattes-ciels, à l'endroit même où James Cook et les premiers colons européens débarquèrent en Australie. Bien entendu, dans ce foutoir perdu entre les klaxons, les bus et les banques, il ne semble pas rester une seule trace de cette époque. Je réussis à poser mes sacs dans une chambre. Mais la faim me tiraille, je pars donc visiter le centre-ville. A deux pas du CBD et ses buildings, des rues "normales".

Et oui, c'est le printemps. Nice colors !

Un ciel gris, un toit gris en pente à 45°, un mur austère en pierre...Cette ruelle est un bond de 20 000 km ! Sydney en Bretagne! On dirait une ruelle de Rennes, n'est-ce pas ? ;)

En rentrant à l'auberge, le restaurant qui me proposait un essai comme plongeur, alors que je n'étais qu'à Cairns la semaine passée, me répond et me propose de venir le lendemain (Jeudi 8 novembre) pour faire un essai. Cool ! Premier jour à Sydney et j'ai déjà un boulot !

Jeudi 8 novembre : Comme convenu au téléphone, j'arrive à 9h paré pour le combat, devant l'Indigo Bar, à Double Bay. L'établissement a l'air chouette, la déco est pincée dans un bleu méditerannée et la terrasse s'étend jusqu'à la rue. Il faut y aller, je me présente à un serveur. Il me dit d'attendre derrière le bâtiment qu'ils soit prêt...Je vois l'envers du décor. On me fait entrer dans la cuisine. Je dois enjamber des sceaux pleins de détritus, des cartons entreposés, un sol collant....et j'arrive à mon outil de travail : le lave-vaisselle. En fait, il y a déjà un mec qui fait la plonge. Il y a un autre gars qui turbine entre le frigo et la cuisine pour ranger la vaisselle "propre". Un homme ne peut pas tendre ses bras d'un mur à l'autre, c'est dire la taille de l'arrière cuisine...Je demande ce que je suis censé faire, ils me mettent à la plonge comme prévu, sauf que du coup, ils restent derrière moi à discuter entre-eux.

Je comprends vite que ça ne va pas le faire. La vaisselle ramenée par les serveurs et serveuses s'acumule sur ma gauche mais je n'ai que 2 bacs à vaisselle pour seulement deux laves-vaisselle. Les machines sont au sol, sous l'évier. Très pratique pour envoyer la vaisselle à laver, surtout quand on se bouscule avec les autres juste en portant un bac à couverts. Je ne trouve pas l'emplacement pour ranger la vaisselle propre. En fait, ils posent les bacs propres sur les bacs à poubelles !! Et puis les poêles à laver...je mets du savon, on me dit que je prends trop de temps (c'est vrai, il faut un temps d'adaptation aux nouveaux lieux). Il me montre : un coup de jet d'eau, un tour de main (oui, de main!!) et c'est propre, me dit-il. Ok... Au bout d'un moment, il prends ma place et me mets à l'arrière, m'assignant le rôle du rangement de la vaisselle en cuisine. C'est clair que je suis lent, je ne connais pas les lieux ni les endroits où ranger les verres, les assiettes, bref il faut que je me remette dedans. Je me force un temps, mais je ne peux pas, je ne tiens pas. Je pars sans rien dire à personne, finie la période d'essai. Temps de travail : 1h. C'est peut-être prétentieux mais je ne travaille pas dans une cage à lapin et je suis prêt à parier que ça aurait été payé une misère. Me voilà énervé sur le chemin du retour.


 Vu que mon auberge se trouve à deux pas du Jardin botanique, de l'opéra et du Harbour bridge, je m'en vais déjà vers ce fameux site. Dommage, il fait gris. C'est marrant de voir un site touristique qu'on a toujours vu à la télévision ou en photo sur les magasines, comme étant un truc lointain qu'on ne verrait jamais, alors qu'on se trouve en face à quelques mètres. Un énorme orage et une pluie diluvienne stoppe ma balade dans le Jardin Botanique Royal. Je passe le reste de ma journée et celle du lendemain à démarcher dans les restaurants pour savoir s'ils ont besoin de monde. "I give you a call back if we are in need"...on vous rappelle si on a besoin, ce qui veut dire qu'ils ne me rappelleront jamais. Ce vendredi 9 novembre, je suis au pied du mur. Pas celui de Berlin tombé il y a pile 23 ans, mais dans deux mois c'est l'Asie. Il me faut absolument trouver un job rapidement et qui paye pas trop mal. Un peu dégoûté du style de cuisine que l'on peut rencontrer dans les cafés, je pars faire jouer ma modeste expérience en hotellerie auprès des filiales de la multinationale française Accor. Ibis, Novotel, Sofitel, Mercure...Je frappe à tous les labels d'hôtels rachetés par les français du CAC40. Pas vraiment mon élément, mais ça s'est bien passé à Katherine quand j'ai travaillé pour Ibis-All Seasons. Pourquoi pas à Sydney ? Alors je remplis des formulaires de candidature spontanée (application form), tous les mêmes...et même réponse, "on vous appelle si on a quelque chose". Mwé. Peu convaincu. Mais j'espère vraiment recevoir un appel cette semaine, ou bien je reviendrai une seconde fois avant d'essayer à Melbourne ou Adelaïde. En attendant, petite session de photos nocturnes, au même endroit qu'hier :

Samedi 10 Novembre : Je me réveille avec un état grippal dont je me serais bien passé. C'est le printemps mais il fait frais dans ce pays ! Je pars quand-même me balader vers Bondi Beach, quelques kilomètres à l'est. En marchant le long de la rue qui descend vers la plage, je scrute les vitrines. Non pas pour faire du shopping, mais pour chercher du boulot. Oui, en Australie, il y a parfois juste besoin d'être observateur pour trouver un job. Les commerçants collent leurs offres d'emploi à leurs devantures. Pour un backpacker, c'est plutôt pas mal, facile. Il y a de tout. Des serveuses, baby-sitters, décorateurs, peintres...et je tombe sur un café qui propose : "kitchan hand wanted, parlez-vous français?". Celle-ci est pour moi ! Je rentre, et la serveuse me dirige vers le chef cuisinier. Quelques mots, il me demande si j'ai de l'expérience, et il me dit de commencer dès ce soir pour quelques heures en guise de période d'essai, et puis on discutera après la fermeture (salaire, temps de travail, etc je suppose). Parfait ! Rendez-vous pris pour 19h. Sauf que je ne me sens pas très bien aujourd'hui. J'espère que ça sera passé d'ici là. C'est vraiment facile l'Australie parfois. Trop habitués à faire des courbettes en France juste pour laver des sanitaires à 6€ nets, je n'en reviens pas qu'il n'y ait qu'à marcher dans la rue pour trouver du job. (Trouver du job, pour un voyageur en Australie, c'est pas du bonheur, ça veut juste dire se faire des tunes pour voyager...et ça, c'est du bonheur.). Bon à Sydney apparemmet, l'emploi est moins rémunéré que dans la Western Australia, dans le Queensland ou dans le Northern Territory. Au nord, c'est 19$-21$. A priori, sur Sydney, c'est plutôt 16$ l'heure.

Au fait, je n'ai pas trouvé Bondi Beach très sensationnelle. A la télévision, les journalistes la présentent comme LE lieu de l'Australie, sinon de Sydney. Comme la plus belle plage où les surfers se retrouvent pour dompter les rouleaux et les vagues. Je n'y suis peut-être pas allé le meilleur jour ! Mais justement, point positif, la plage est déserte vu qu'il ne fait pas assez chaud.

 

Je reviens à l'auberge, en bus cette fois. J'ai l'impression d'être défoncé, soûl, sans rien boire ni fumer. Je sens la fièvre monter, les étourdissements et les courbatures s'invitent...Pourquoi aujourd'hui ??! Résultat : je ne suis pas allé faire mon premier service, et je n'ai aucun numéro de téléphone pour les prévenir, même sur internet je ne trouve aucune de leur coordonnées. Je reviendrai, mais j'espère ne pas avoir perdu le "poste". Couché à 17h, ma nuit fut longue ! Mais bruyante. Dans cette auberge, les gens font la fête sur le toit et je suis au dernier étage, donc j'entends tout. Mais ce qui me dérange par dessus tout, sont les grincements de dents et les ronflements du gars qui dort à côté de moi. Impossible de dormir, ce chinois grince des dents un truc de fou. Les joies des auberges de jeunesse...! Si je chope un boulot pour 2 mois, je loue une share house (Colocation). A part 3 semaines de camping à Katherine, et 3 semaines en colocation à Cairns, j'ai toujours été en dortoir dans les backpackers, je commence à saturer.

J'hésite ce weekend entre passer 2 mois à travailler à Sydney, ou bien revenir dans le Queensland où il fait plus chaud. J'ai passé trop de temps au nord tropical au dessus de 30°C tous les jours.

Ce dimanche 11, j'arrive enfin à voir l'opéra sous le soleil !! Ca fait 3 jours que je suis à Sydney, ça fait 3 jours qu'il pleut ou qu'il fait gris. Cool ! Je pars me balader du côté du CBD, de Sydney-Nord en passant le Harbour Bridge

L'opéra, vu du pont.

La grande baie de Sydney et ses dizaines de bateaux, des voiliers ou de barques..

     


Publié à 08:23, le 9/11/2012, Sydney
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